À la bibliothèque, un livre étrange attend sur l'étagère… Sur sa couverture : un homme avec une barbe toute bleue, et une petite clé dorée. À quoi peut bien servir cette clé ? Accroche-toi à l'étincelle : direction le temps des contes !
Il était une fois un homme très riche, qui avait de belles maisons, de la vaisselle d'or et des carrosses dorés. Mais il avait une barbe bleue, qui le rendait si laid et si effrayant que tout le monde le fuyait. On disait aussi qu'il avait déjà été marié plusieurs fois… et que personne ne savait ce qu'étaient devenues ses femmes.
Pourtant, après de grandes fêtes dans son château, une jeune fille trouve qu'il n'a pas la barbe si bleue, et qu'il est plutôt gentil. Elle accepte de l'épouser.
Un mois plus tard, Barbe Bleue doit partir en voyage. Il lui donne toutes les clés du château : celles des coffres d'or, des pièces pleines de trésors…
« Et voici la clé du petit cabinet, au bout de la galerie. Tu peux aller partout… sauf là. Je te l'interdis ! » Mais dès qu'il est parti, la jeune femme ne pense plus qu'à ce petit cabinet. Sa curiosité est trop forte : elle descend l'escalier en tremblant… et ouvre la porte. Dans la pièce sombre, elle découvre le terrible secret de Barbe Bleue : le long des murs sont accrochées les robes de ses anciennes femmes… et sur le sol, il y a une petite flaque de sang.
Mais où sont donc passées les anciennes femmes de Barbe Bleue ? Effrayée, elle laisse tomber la clé dans la flaque. Elle la ramasse et la frotte, elle frotte… mais la clé est enchantée : la tache de sang ne s'efface jamais ! Le soir même, Barbe Bleue rentre plus tôt que prévu. Il voit la tache sur la clé, et entre dans une colère terrible. La jeune femme lui demande un petit moment, et monte vite tout en haut de la tour, où se trouve sa sœur Anne.
« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » « Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie. » Barbe Bleue crie, et monte l'escalier… « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » « Je vois deux cavaliers ! Ce sont nos frères ! » Les deux frères arrivent au galop et entrent dans le château. Ils tirent leurs épées et triomphent de Barbe Bleue : leurs deux sœurs sont sauvées ! Barbe Bleue ne fera plus jamais de mal à personne.
Et la jeune femme, enfin libre, épouse plus tard un homme honnête et bon. Le savais-tu ? La phrase « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » est devenue si célèbre qu'on la dit encore aujourd'hui, en riant, quand on attend quelqu'un qui n'arrive pas ! Ce conte a été écrit par Charles Perrault, en 1697.
Les mots des contes ! Le soleil qui « poudroie », c'est le soleil qui fait briller la poussière du chemin. Et l'herbe qui « verdoie », c'est l'herbe bien verte qui pousse. Deux jolis mots anciens, qui chantent comme une rime ! Alors, que nous dit ce conte ? La curiosité peut nous mettre en danger, et il ne faut pas se fier à quelqu'un seulement parce qu'il est riche. Mais surtout : quand on a peur, on appelle à l'aide, comme la jeune femme avec sa sœur Anne et ses frères !
Et lire des contes, c'est comme ouvrir une porte vers des mondes magiques !
Retour à la bibliothèque ! Récapitulons : Barbe Bleue et ses trésors, la petite clé interdite, la tache qui ne part pas, sœur Anne en haut de la tour, et les frères qui arrivent au galop. Et regarde ce nouveau livre : une rose rouge… et une créature au grand cœur ! Et toi, qui appellerais-tu si tu avais besoin d'aide ?
À bientôt pour une nouvelle étincelle !