Le Chêne et le Roseau, la fable de Jean de La Fontaine racontée en dessin animé pour les enfants et toute la famille. Le Chêne se croit le plus fort… jusqu’à ce que la tempête se lève !
Le Roseau raconte l’histoire et le Chêne lui fait la leçon, avec les rimes en couleur dans les sous-titres pour lire et mémoriser. À la fin, on cherche ensemble la morale et on explique les mots difficiles.
La morale
La fontaine la laisse deviner
le plus fort n’est pas toujours celui qui gagne. Celui qui sait plier ne rompt pas, et l’orgueil peut faire tomber les plus grands.
Les mots expliqués
- Roitelet : un tout petit oiseau
- Aquilon : un vent du nord, froid et violent
- Zéphyr : un petit vent doux et léger
- Caucase : de très hautes montagnes
- L’Empire des morts : le monde sous la terre
Le texte de la fable
Le Chêne un jour dit au Roseau :
Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La Nature envers vous me semble bien injuste.
Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des morts.
Jean de La Fontaine, Fables, livre I, fable 22, 1668



