Le Lièvre et la Tortue, la fable de Jean de La Fontaine racontée en dessin animé pour les enfants et toute la famille. Le Lièvre est sûr de gagner la course… mais qui franchira la ligne en premier ?
La Tortue raconte l’histoire et le Lièvre s’en mêle, avec les rimes en couleur dans les sous-titres pour lire et mémoriser. À la fin, on explique la morale et les mots difficiles.
La morale
« Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. »
Les mots expliqués
- Gager : parier
- Ellébore : une plante qu’on croyait capable de soigner la folie
- Train de sénateur : une allure lente et tranquille
- Carrière : la piste de course
- Partir comme un trait : partir comme une flèche
Le texte de la fable
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. — Sitôt ? Êtes-vous sage ?
Repartit l'animal léger.
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore.
— Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lièvre n'avait que quatre pas à faire ;
J'entends de ceux qu'il fait lorsque près d'être atteint
Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D'où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train de sénateur.
Elle part, elle s'évertue ;
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. À la fin quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?
Jean de La Fontaine, Fables, livre VI, fable 10, 1668



