Aujourd'hui, Malik a rendez-vous chez le médecin pour un vaccin… et il n'est pas très rassuré. Une piqûre, pour ne pas tomber malade ? C'est bizarre, non ? Comment un tout petit peu de liquide peut-il nous protéger pendant des années ? Pour le comprendre, accroche-toi à l'étincelle : on rétrécit… direction l'intérieur du corps ! C'est parti pour le Grand Voyage d'un vaccin !
Nous voilà plus petits qu'un grain de sable. Autour de nous vivent des milliards de microbes. La plupart sont inoffensifs, et certains nous aident même, comme ceux de notre ventre. Mais quelques-uns peuvent nous rendre malades : des bactéries, et des virus, encore beaucoup plus petits. La rougeole, la coqueluche, la grippe… sont causées par des microbes.
Heureusement, notre corps a une armée : le système immunitaire. Ses soldats, ce sont les globules blancs, qui voyagent dans le sang. Certains avalent les intrus. D'autres fabriquent des armes sur mesure : les anticorps. Un anticorps, c'est comme une clé qui n'entre que dans une seule serrure : il s'accroche à un microbe précis, et le signale pour qu'il soit détruit. Mais la première fois qu'un microbe arrive, nos globules blancs ne le connaissent pas.
Il leur faut plusieurs jours pour fabriquer les bons anticorps… et pendant ce temps, le microbe se multiplie : on tombe malade. Puis on guérit. Et surtout, le corps s'en souvient ! Des cellules mémoire gardent la recette des anticorps. Si le même microbe revient, la riposte est si rapide qu'on ne remarque souvent rien du tout. Voici l'idée géniale du vaccin : apprendre au corps à reconnaître un microbe… sans tomber malade. Le vaccin contient un microbe affaibli ou rendu inactif, ou seulement un petit morceau de lui, ou encore la recette pour que nos cellules fabriquent ce morceau.
C'est comme un avis de recherche : voici l'intrus, retenez bien sa tête ! Les globules blancs l'étudient, fabriquent les anticorps, et les cellules mémoire enregistrent tout. C'est un entraînement, comme l'exercice d'évacuation à l'école : on s'entraîne, pour être prêt le jour où ça arrive vraiment. Le savais-tu ? Le mot « vaccin » vient de « vacca », qui veut dire « vache », en latin ! En 1796, en Angleterre, le médecin Edward Jenner remarque que les fermières qui ont attrapé la vaccine, une maladie bénigne des vaches, n'attrapent pas la variole, une maladie très grave.
Il inocule la vaccine à un jeune garçon, James Phipps… qui se révèle protégé contre la variole. C'est le premier vaccin de l'histoire !
Parfois, après un vaccin, le bras est un peu douloureux, ou on a un peu de fièvre pendant un jour ou deux. C'est le signe que l'armée s'entraîne ! Et pour certains vaccins, il faut un rappel quelques années plus tard : on rafraîchit la mémoire du corps. Et le vaccin ne protège pas que toi. Certaines personnes ne peuvent pas être vaccinées : les bébés trop petits, ou des personnes très malades. Quand presque tout le monde autour d'elles est vacciné, le microbe ne trouve plus de chemin pour passer de l'un à l'autre : elles sont protégées, elles aussi.
C'est l'immunité collective. Comme une chaîne qu'on coupe ! Le savais-tu ? En 1885, à Paris, Louis Pasteur et son équipe sauvent Joseph Meister, un garçon de 9 ans mordu par un chien enragé, grâce à un vaccin contre la rage. Et grâce aux vaccins, une maladie a complètement disparu de la planète : la variole, déclarée éradiquée en 1980 !
Retour chez le médecin ! Malik est prêt. Une petite piqûre… et c'est déjà fini ! Dans son bras, l'entraînement commence. Récapitulons. Certains microbes peuvent nous rendre malades. Nos globules blancs fabriquent des anticorps. Le corps garde la mémoire des microbes. Le vaccin entraîne le corps, sans tomber malade. Et il protège aussi les autres. Et toi, si tu devais dessiner l'avis de recherche d'un microbe, à quoi ressemblerait-il ? À bientôt pour une nouvelle étincelle !