« Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers… » Découvre Sensation, le poème d’Arthur Rimbaud, en papier découpé animé : un soir d’été dans les blés, les pieds nus dans l’herbe fraîche, le vent dans les cheveux et un ciel plein d’étoiles. Avec les rimes en couleur, l’explication, les mots difficiles au tableau et un mode récitation pour l’apprendre par cœur !
Rimbaud a quinze ans et il rêve : tout est au futur (j’irai, je sentirai, je laisserai). Il imagine une promenade qu’il vit avec tout son corps : c’est ça, une sensation, ce qu’on ressent avec ses cinq sens. Puis il ne parle plus, ne pense plus, et un immense bonheur monte en lui. Huit vers seulement… qui donnent envie d’aller marcher dehors !
Les mots expliqués
- Picoté : piqué tout doucement, comme des petites chatouilles
- Fouler : marcher sur quelque chose
- Menue : fine, toute petite
- Rêveur : quelqu’un qui rêve, perdu dans ses pensées
- Un bohémien : ici, un voyageur sans maison qui va librement de ville en ville
- L’âme : tout au fond de nous, là où naissent nos sentiments
Le savais-tu ?
Au printemps 1870, Rimbaud n’a que 15 ans. Il recopie ce poème dans une lettre (datée du 24 mai 1870) au poète Théodore de Banville, très célèbre à Paris, en espérant être publié. Pour faire plus sérieux, il écrit qu’il a « presque dix-sept ans »… et il dit que Banville est « un descendant de Ronsard » ! Quelques mois plus tard, Rimbaud partira vraiment sur les routes, comme dans le poème.
Le texte du poème
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, — heureux comme avec une femme.
Arthur Rimbaud, Cahier de Douai, 1870
Et toi, quelle sensation aimes-tu le plus, un soir d’été ? Parles-en avec ta famille ou ta classe.



