Un loup maigre comme un clou rencontre un chien bien gras… Le chien lui propose une vie de rêve : la gamelle pleine, le feu de cheminée, les caresses. Mais pourquoi le cou du chien est-il pelé ? 🐺🐕✨ 🎓 Une fable à lire, à comprendre et à réciter, du CE2 au CM2 : le texte, la morale et le vocabulaire. La fable de Jean de La Fontaine en dessin animé, avec le texte intégral, les rimes en couleur, la morale et les mots difficiles expliqués au tableau.
🐺 La morale La Fontaine ne l’écrit pas : c’est le Loup qui la donne en s’enfuyant. Mieux vaut être libre, même maigre et affamé, que bien nourri… mais attaché. La liberté n’a pas de prix !
Les mots expliqués
- Un dogue, un mâtin : un gros chien de garde
- Fourvoyé par mégarde : perdu, sans le faire exprès
- L’embonpoint : le fait d’être bien gras, bien rond
- Une franche lippée : un bon repas qui ne coûte rien
- Les reliefs : les restes du repas
- Le col : le cou
📖 Le texte de la fable (Livre I, fable 5) Un Loup n’avait que les os et la peau, Tant les chiens faisaient bonne garde. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau, Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde. L’attaquer, le mettre en quartiers, Sire Loup l’eût fait volontiers ; Mais il fallait livrer bataille, Et le Mâtin était de taille À se défendre hardiment. Le Loup donc l’aborde humblement, Entre en propos, et lui fait compliment Sur son embonpoint, qu’il admire. « Il ne tiendra qu’à vous, beau sire, D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien. Quittez les bois, vous ferez bien : Vos pareils y sont misérables, Cancres, hères, et pauvres diables, Dont la condition est de mourir de faim. Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée : Tout à la pointe de l’épée. Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. » Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ? — Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens Portants bâtons, et mendiants ; Flatter ceux du logis, à son Maître complaire : Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs de toutes les façons : Os de poulets, os de pigeons, Sans parler de mainte caresse. » Le Loup déjà se forge une félicité Qui le fait pleurer de tendresse. Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé. « Qu’est-ce là ? lui dit-il. — Rien. — Quoi ? rien ? — Peu de chose. — Mais encor ? — Le collier dont je suis attaché De ce que vous voyez est peut-être la cause. — Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas Où vous voulez ? — Pas toujours ; mais qu’importe ? — Il importe si bien, que de tous vos repas Je ne veux en aucune sorte, Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. » Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.
Et toi, qu’aurais-tu choisi : la gamelle bien remplie… ou la liberté ? Parles-en avec ta famille ou ta classe.





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